La garantie décennale, créée par la loi du 4 janvier 1978, dite « loi Spinetta », est une assurance obligatoire pour tout constructeur. Cette assurance offre aux propriétaires une garantie pendant une période de 10 ans contre les malfaçons et les vices qui pourraient toucher le bâtiment. Cette garantie peut toutefois s’étendre au-delà de 10 ans mais sous quelles conditions ?
Assurance décennale : comparez les fournisseurs
La décennale expire en principe à l’issu d’un délai de 10 ans à compter de la date de réception des travaux. Toutefois, cette garantie peut être prolongée au-delà de ces 10 ans lorsque le constructeur a commis ce que l’on appelle une « faute dolosive », soit une faute particulièrement grave (Cass. Civ3. 27.03.2013).
La garantie décennale étant attachée au bâti et non au propriétaire, il est tout à fait possible, pour les propriétaires actuels, de faire jouer la décennale quand bien même ils ne seraient pas les signataires du contrat de construction.
La garantie décennale s’étend au-delà de 10 ans lorsque le constructeur a commis une faute dolosive. La faute dolosive est définie comme :
Ainsi, après expiration de la garantie décennale, la responsabilité des constructeurs peut toujours être engagée par les propriétaires si le professionnel a violé de manière délibérée ses obligations contractuelles tout en ayant conscience de provoquer un dommage.
Les juges ont aujourd’hui « allégé » la définition de la faute dolosive en supprimant les conditions suivantes :
La faute dolosive peut désormais être retenue sans qu’il soit démontré que le constructeur a agit avec l’intention de nuire et en ayant conscience des dommages que ces agissements pourraient provoqués. Il suffit que le constructeur ait délibérément violé ses obligations contractuelles pour que la faute dolosive soit retenue.
A titre d’exemple, les juges ont retenu la faute dolosive dans les cas suivants :
Si un constructeur commet une faute dolosive, sa responsabilité contractuelle peut être engagée par les propriétaires. Cette responsabilité se prescrit par 30 ans à compter du jour de la révélation du désordre. Ainsi la décennale peut aller au-delà de 10 ans et jusqu’à 30 ans en cas d’inexécution délibérée de ses obligations contractuelles par le constructeur.


